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Témoins

Les conseils de Jean Witt pour accompagner un(e) malade d’Alzheimer

© Photos Raphaël Helle/Signatures pour La Vie
© Photos Raphaël Helle/Signatures pour La Vie

1. Regardez-le (la) comme une personne

Mon épouse disait au début de sa maladie : « Je m’appelle Janine pour que tu puisses me parler. » Je me suis dit à mon tour que si je lui parlais, elle s’appellerait Janine. Si je cessais de m’adresser à elle, Janine cesserait d’exister comme une personne. Un jour de mai 1998, alors qu’elle était couchée, je lui ai exprimé mon envie d’aller dans le jardin avec elle. Janine, qui ne voulait pas se lever, m’a répondu : « L’essentiel est que tu continues à me regarder comme une personne. » J’ai compris que si je réduisais son identité à ses capacités, je l’aurais considérée et aimée selon l’ordre du faire et non pas de l’être.

2. Évitez de le (la) démentir pour Valider son ressenti

Au début de sa maladie, j’ai essayé de ramener mon épouse au « réel », quand elle m’a demandé : « Où est mon mari ? » Je lui répondais : « Mais c’est moi ! » Ou bien : « Je veux rentrer à la maison. » Je lui répondais : « Mais tu es dans ta maison ! » Mes réponses lui signifiaient qu’elle était folle et suscitaient une vive protestation. Comme il m’est impossible de changer le regard d’un(e) malade d’Alzheimer, je dois changer le mien, accepter sa façon de voir les choses. C’est ainsi que je peux rester en relation avec lui. Si ce qu’il perçoit est faux ou imaginaire, ce qu’il ressent par rapport à cette perception est juste et vrai. Ainsi, à mon épouse qui me parlait de son mari ou de sa maison, j’ai appris à répondre : « Parle-moi de ton mari, de ta maison. »

3. Acceptez de vous faire aider

Même si j’aime très fort celui ou celle que j’accompagne, l’amour ne suffit pas. À la longue, les nerfs peuvent craquer. L’aidant a besoin de répit pour refaire ses forces. Pour trouver concrètement de l’aide, n’hésitez pas à vous tourner vers une assistante sociale.

4. Lisez l’Évangile des disciples d’Emmaüs (Luc 24)

« Leurs yeux étaient empêchés de le voir », de reconnaître Jésus qui « s’approcha et fit route avec eux ». Il ne leur dit pas : « C’est moi, Jésus », mais les incite à raconter ce qui s’est passé à Jérusalem. Avec empathie, il s’accorde à leur réalité intérieure et entre dans leur démarche. Cette façon de Jésus d’accompagner les « Alzheimer » d’Emmaüs peut nous aider spirituellement.

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