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La tonnellerie de mon père

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L’interview réalisée par Christian Hahn pour l’émission Gsundheim de France 3 Alsace  ce mercredi 16 mars 2016, à la tonnellerie Baumert-Jenny, à Barr,  en lien avec mon livre À l’écoute de ton visage, m’a plongé dans une autre tonnellerie, celle de mon père. Sur la photo, datant de 1937, il y a au premier plan, en allant de droite à gauche, mon oncle, mon père et trois ouvriers. À l’arrière plan, émergeant d’une cuve à vendange, deux jeunes têtes, la mienne et celle de mon frère. J’avais alors 7 ans et mon frère 5.

Les techniques peuvent varier. Mais pour faire un tonneau, le bois, une fois travaillé et assemblé en un ensemble de douves, doit passer par l’eau et le feu afin que les douves se courbent et donnent au tonneau sa belle forme ronde. Il arrive qu’une douve, au lieu de se courber ne craque.

Christian Hahn producteur de l’émission Gsundheim sur France 3 Alsace, n’est évidemment pas venu m’interviewer sur la fabrication des tonneaux mais sur l’accompagnement de mon épouse, malade d’Alzheimer. Or cet accompagnement, je l’ai vécu, notamment, en résonance avec la fabrication d’un tonneau :

Aimer et supporter Janine, c’était accepter de passer, à l’instar du tonneau, par un baptême d’eau et de feu, c’est-à-dire de me laisser former par la main de Dieu. Le bois n’a pas le choix. Qu’il plie ou qu’il casse, il n’en sait rien. J’avais ce choix de me laisser travailler par la main de Dieu à travers Janine, mais sans craquer .

La plume du silence, Jean Witt, les Presses de la renaissance,  Paris, 2007 p. 286

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