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Comment j’ai choisi le titre du livre

Le titre de mon second livre devait être initialement : À la lumière de ton visage. Mais  au dernier moment, Philippe S.,  allant voir sur le site d’Amazon si mon livre était déjà référencé,  a découvert que ce titre existait déjà pour un livre paru en octobre 2014 chez Actes Sud. Cet éditeur aurait alors été en droit de demander le retrait de mon livre. Un pataquès, assurément, que fort heureusement Philippe S., grâce à sa curiosité d’esprit, nous a évité.

J’ai immédiatement contacté mon éditeur , car tout était prêt pour aller chez l’imprimeur. Je lui ai proposé comme nouveau titre : À l’écoute de ton visage.

Ce nouveau titre exprime finalement mieux ce que j’ai vécu – et vis encore – avec Janine. Il est en résonance avec celui de mon premier livre : La plume du silence. L’écoute du visage de Janine fait suite à l’écoute de ses paroles. Dans les deux cas il fallait faire silence.

Je vous joins quelques extraits de mon livre  – également ci-dessous – où le thème de l’écoute du visage est explicitement développé, sans évidemment exclure celui de la lumière.

Jean Witt – décembre 2016

À l’écoute de ton visage.

« Le visage parle.
Il parle en ceci
Que c’est lui qui rend possible
Et commence tout discours »
(Levinas, cité en exergue du livre)

« Mais plus encore que la spiritualité du regard, Jean Witt insiste sur la spiritualité de l’écoute : J’ai appris à t’écouter pour te voir, à t’écouter jusque dans ton silence. Ce n’étaient pas les yeux qu’il fallait ouvrir, mais les oreilles ».Préface de Gabriel Ringlet citant la page 134 (dans la séquence : Si tu me voyais de l’intérieur).

« Ce jour-là, j’ai entendu pour la dernière fois la voix de Janine, je veux dire sa voix d’avant la maladie. J’ai entendu d’autant plus sa voix que je ne voyais pas son visage. Il n’y avait que sa voix, aujourd’hui enfouie dans ma mémoire. Sa voix-visage. Son visage-voix (page 49, dans la séquence : Parle-moi, fais-moi entendre ta voix).

«  Mais face au puits d’oubli qui se creusait à mesure de tes pertes de mémoire, j’ai construit un puits de mots : mon journal. Il suffit que je l’ouvre à n’importe quelle page de mes vingt-trois cahiers, de 200 à 300 pages chacun, pour y voir ton visage, ton visage-parole, ton visage-écriture. Comme si chaque fois il se réfléchissait au fond de notre puits. De ce puits de mots, j’aime tirer ton visage.
Si le visage parle, inversement tes paroles, et ta manière d’être, dessinent ton visage » (page 141, dans la séquence : Dans le puits, ton visage).

Ton silence est comme le silence de la neige.
Ton silence est comme celui du puits.
Tu me parles comme la neige.
Tu me parles comme l’eau au fond du puits.

Je suis à l’écoute de ton visage.
Nous nous rencontrons
Dans le silence
De nos puits.
Je vis
Dans le rayonnement de ton silence.
(page 148, dans la séquence :
Dans le rayonnement de ton silence).

« Pour t’écouter, j’ai fait silence. Mais au bout d’une dizaine d’années, tes paroles elles-mêmes ont fait silence. Alors j’ai écouté ton visage, resté parlant,à la lumière duquel je n’ai cessé d’écrire » (page 291, dans la séquence : Prête l’oreille de ton cœur).

À la lumière de ton visage.

« Dix-huit années d’accompagnement, fait d’une succession d’adieux, m’ont (…) préparé à l’ultime accompagnement de Janine et au dernier adieu, qui soudain fut d’un autre ordre. Ses paupières se sont définitivement closes, son sourire s’est définitivement éteint. Il n’éclairerait plus mes pages d’écriture. Je n’écrirais plus à la lumière de son visage » (page 18, au Préambule).

« Une photographie de Janine, prise en août 2009, m’a fait dire :
Ton sourire éclaire mes pages d’écriture.
J’écris à la lumière de ton visage.

(…).Certes, en 2009, au bout de quinze années de maladie, Janine pouvait aussi avoir l’air absent. Mais presque chaque fois que je me suis penché sur elle, dans son fauteuil ou son lit, pour lui parler – et je n’étais pas le seul à le faire – son visage rayonnait (page 79, dans la séquence : Un visage rayonnant).

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